Les textes de ce site sont rédigés avec une IA, puis relus et réécrits par moi. Au début, je réécrivais beaucoup. Le style n’est pas venu d’une description de ma façon d’écrire, ni de mes anciens textes. Il est venu de mes corrections, transformées en règles.
L’IA nous aide à dépasser nos capacités techniques, à condition de travailler avec elle comme avec un nouveau collègue. Ce test est en cours depuis octobre 2026 ; cet article en donne le point de départ.
L’hypothèse
Pour apprendre un style à une IA, corriger ce qu’elle écrit marche mieux que lui décrire ce style ou lui donner des exemples.
Le test
Depuis le 2 octobre 2026, chaque texte de ce site passe par un skill. C’est un simple fichier texte, rangé avec le code du site, que l’agent relit avant d’écrire. Il décrit ma façon d’écrire et donne des exemples. La page d’accueil, l’article sur la migration, les descriptions et les posts LinkedIn sont écrits avec lui.
La boucle se fait en 4 temps :
- L’agent rédige un premier jet à partir du skill.
- Je réécris les passages qui ne me ressemblent pas.
- Le couple avant/après est ajouté au skill, avec la règle qu’il révèle si elle est nouvelle.
- Le texte suivant part de ce skill enrichi.
Pour chaque texte, je note aussi la part que j’ai réécrite et le nombre de règles ajoutées.
Ce que les corrections ont appris
Une description de style reste vague. L’IA lit « direct » ou « sans jargon » et continue d’écrire comme avant. Mes anciens textes n’aidaient pas non plus, puisque celui de l’ancien site avait lui-même été écrit par une IA.
Les corrections, elles, montrent le problème dans une vraie phrase. Pour l’article sur la migration, l’IA avait commencé par un inventaire :
Une seule page, un CV en PDF, et pourtant : un serveur PHP, une base MySQL, Wordfence, des mises à jour de plugins, et 80 € par an. […] Voici ce que j’ai fait, et surtout ce qui a cassé.
Ma version juge au lieu d’énumérer, et donne le résultat tout de suite :
1 seule page, un CV PDF gérés avec une base de données lourde et un hébergement dispendieux. […] En deux soirées tout a été migré et j’ai économisé 100 euros par an.
2 règles en sont sorties : juger plutôt qu’inventorier, et pas d’accroche de blogueur.
Une autre correction portait sur les faits. Pour la page d’accueil, l’IA m’avait donné un rôle plus grand que le vrai :
Livrer sans attendre les développeurs. Je livre moi-même correctifs et prototypes […], puis je valide chaque mise en ligne.
Je ne valide pas chaque mise en ligne. La version publiée dit « Contribuer au code » et parle de « mises en ligne mineures ». Le skill a gagné une règle : ne jamais m’attribuer un rôle ou une action non confirmés. Une IA qui écrit à votre place a tendance à vous embellir, alors relisez aussi les faits, pas seulement le style.
La correction qui revient le plus concerne les phrases en miroir. Pour présenter Glowtify, l’IA avait écrit « Le client parle à l’application, l’application fait le travail. » Ma version part de l’utilisateur et va jusqu’à l’effet : « L’utilisateur décrit son intention dans l’application, qu’il s’agisse de stratégie, de campagne, de contenu ou d’analyse. Le bon agent prend le relais. »
Aujourd’hui, le skill compte 14 règles, une liste de tics à proscrire et 5 exemples avant/après. D’après l’historique du skill, 10 de ces règles viennent directement d’une réécriture. Les 4 autres sont des consignes de travail, comme garder les mêmes chiffres en français et en anglais. La toute première version, avec ses 8 premières règles, a même été écrite à partir d’une seule correction : la réécriture de l’intro sur la migration.

Le point de départ
Le premier texte suivi est un post LinkedIn, écrit le 18 octobre 2026. J’en ai réécrit tout le fond : la version de l’IA donnait une leçon, alors que je voulais partager une expérience. Cette correction a produit une section entière du skill, consacrée aux posts.
Un premier signal vient de l’historique du skill. Il a été modifié 5 fois le jour de sa création, pendant la construction du site, puis 1 fois le 14 octobre et 1 fois le 18 : les corrections se concentrent au début. C’est encourageant, mais trop tôt pour conclure.
C’est le point zéro. Si l’hypothèse tient, la part réécrite baisse d’un texte à l’autre, et les nouvelles règles se font plus rares.
Ce que j’en retiens
Comme souvent avec l’IA, le plus efficace est de reproduire un fonctionnement humain plutôt que de vouloir tout automatiser du premier coup. On n’apprend pas un style à un nouveau collègue en lui envoyant une fiche. On lui donne le contexte, puis on corrige ses premiers textes avec lui.
Pour qu’un agent écrive comme vous, la méthode tient en 4 étapes :
- Partez d’une description courte de votre style. Quelques lignes suffisent : elle donne le contexte, pas le style.
- Gardez chaque correction, avec le passage avant et après.
- N’écrivez une règle que lorsqu’une correction revient. Une correction isolée reste un exemple.
- Relisez le skill de temps en temps et retirez les règles qui se contredisent. À force d’en ajouter, certaines finissent par se gêner.
Le parallèle avec Glowtify
Les agents de Glowtify écrivent pour des entreprises qui ont chacune leur voix. Chez Glowtify, on arrive au même constat : décrire son ton à une IA ne suffit pas, il faut lui montrer du concret, et les corrections des utilisateurs sont la piste la plus prometteuse.
Les limites
Ce test porte sur une seule personne et une poignée de textes. Les chiffres donneront des indications, pas des preuves.
La suite
Chaque texte écrit avec le skill est suivi. Le prochain point, début décembre 2026, donnera l’évolution de la part réécrite.